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Fonds Armand Borel Inventaire complet (pdf)

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Présentation du fonds

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  • Nom du producteur
    Borel, Armand (1923-2003)
  • Présentation du producteur

    Armand Borel est né à la Chaux-de-Fonds, en Suisse, le 21 mai 1923. Il fait ses études secondaires à Genève ainsi que dans diverses institutions privées. En 1942, il entre à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) dans la section mathématiques et physique. Il obtient son diplôme de mathématique en 1947 et restera deux ans à l’EPFZ en tant qu’assistant. Il publie dès cette époque quelques travaux sur les groupes de Lie qui témoignent déjà de solides connaissances dans ce domaine ainsi qu'en topologie algébrique. Les cours de E. Stiefel et H. Hopf ne sont certainement pas étrangers à l’aisance dont il fait déjà preuve.
    Grâce à une bourse d’échange entre l’EPFZ et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Armand Borel passe l’année académique 1949-1950 à Paris. Ce séjour sera un tournant dans son approche des mathématiques. Cette ville connaît alors une activité particulièrement intense dans l'enseignement de cette matière. Il y suit entre autres les séminaires d’Henri Cartan et de Jean Leray qui proposent des approches nouvelles dans les domaines de la topologie des espaces fibrés et de la topologie algébrique. C’est dans le cadre de ces séminaires qu’il fait la connaissance de Jean-Pierre Serre. Il intègre également à cette époque le groupe Bourbaki dont il deviendra un membre éminemment actif avant de le quitter à l’âge réglementaire de 50 ans.
    Entre 1950 et 1952, il est à l’Université de Genève tout en faisant de fréquents séjours à Paris et Zurich. Il prépare également sa thèse qu’il soutiendra à Paris en 1952 sous la direction de Jean Leray. Ce travail monumental intitulé « Sur la cohomologie des espaces fibrés principaux et des espaces homogènes de groupes de Lie compacts » sera publié dans les Annals of Math [Oe, I, 23]. Sa seconde thèse sur les fonctions automorphes de plusieurs variables complexes (un sujet qui lui tiendra à coeur tout au long de sa carrière) fera l’objet d’un article dans le Bulletin de la Société Mathématique de France [Oe, I, 22]. Il épouse également cette année-là Gaby Pittet qui restera sa compagne jusqu’à la fin de sa vie.
    En automne 1952, Armand Borel est invité à Princeton en tant que membre visiteur de l’Institute for Advanced Study (IAS). Les deux années qu’il passera à Princeton seront cruciales pour l’élargissement de son champ mathématique. Ses contacts avec F. Hirzebruch, D. Montgomery, H. Samelson, J. Moore, et bien d’autres, conduisent à des publications et à de fructueuses collaborations. Il prolonge ce premier séjour américain d’une année en tant que professeur invité à l’université de Chicago durant l’année académique 1954-1955. Il y fréquentera A. Weil ce qui lui permettra de se familiariser avec la géométrie algébrique et la théorie des nombres. C’est de là qu’il tirera la matière de son travail fondateur publié sous le titre de « Groupes algébriques linéaires » qui marque un tournant décisif sur le sujet.
    Ayant déjà publié plus d’une vingtaine de travaux, Armand Borel est nommé professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich en automne 1955. Mais dès l’année suivante, il reçoit la proposition d’un poste de professeur permanent à l’IAS de Princeton. Après quelques hésitations, il quitte Zurich pour Princeton au printemps 1957. C’est dès lors dans le cadre de l’IAS qu’il effectuera toute sa carrière. Il s’y épanouira pleinement, élargissant son champ de recherches dans de multiples directions. Se concentrant dans un premier temps entièrement à l'approfondissement de ses domaines de prédilection, il finira par accorder de plus en plus de temps à l'animation des activités mathématiques de l’Institut ainsi qu’à défendre le niveau d’excellence de cette institution. Dans le cadre de conférences, cours et séminaires, il effectue de nombreux déplacements à l’étranger. L’Europe, l’Inde dès les années soixante, puis la Chine à partir des années nonante sont des destinations privilégiées. Grand amateur de musique, Armand Borel organise de nombreux concerts à l’IAS. Illustrant ses goûts éclectiques en la matière, le panorama musical proposé est vaste avec une attention particulière portée au jazz et à la musique indienne qu’il affectionne particulièrement.
    Durant sa carrière, Armand Borel a reçu de nombreuses distinctions. Parmi celles-ci, on retiendra notamment un doctorat honoris causa de l’Université de Genève en 1972, la médaille Brouwer en 1978, le Steele Prize de l’American Mathematical Society en 1991 et le prix Balzan en 1992. Il a également été nommé membre de plusieurs institutions prestigieuses, telles l’American Academy of Arts and Sciences en 1976, l’Académie des Sciences de Paris en tant qu’associé étranger en 1981, la National Academy of Sciences, USA, en 1987, ou encore le Tata Institute de Bombay en tant que membre honoraire en 1990.
    Armand Borel décède le 11 août 2003 à Princeton à l’âge de 80 ans après une courte maladie. Il était encore en pleine activité et laisse derrière lui une œuvre mathématique impressionnante. La presque totalité de ses articles, soit plus de cent cinquante, a été réunie par Springer Verlag dans quatre gros volumes.
    Ce texte est une synthèse de différents articles parus à la suite du décès de M. Armand Borel. Il est notamment fortement inspirée de l’article d'André Haefliger paru dans la Gazette des Mathématiciens sous le titre de : « Hommage à Armand Borel : Armand Borel (1923-2003) ». Le lecteur désireux d’approfondir ses connaissances en la matière trouvera ces articles aux cotes Ms. fr. 8123/19 à Ms. fr. 8123/21.

  • Modalités d'entrées

    Don de son hoirie, puis suppléments en 2012 et 2013

  • Numéro(s) d'entrée
    2004/048, 2006/007, 2012/26, 2013/27
  • Présentation du contenu

    Ce fonds contient les documents liés à l’activité professionnelle d’Armand Borel. On y trouvera en premier lieu la correspondance qu’Armand Borel a entretenue tout au long de carrière avec un nombre conséquent d’interlocuteurs de toutes nationalités. On relèvera notamment la présence d’un important ensemble de lettres échangées avec le mathématicien Jean-Pierre Serre. Ces archives comprennent également des documents en lien d’une part avec les nombreux manuscrits et publications d’Armand Borel et d’autre part avec les cours, séminaires et conférences donnés par celui-ci. A cela, vient s’ajouter le contenu de ses dossiers de travail organisés de manière alphabétique. Ceux-ci contiennent des articles, des notes et de la correspondance en lien avec les intérêts d’Armand Borel, mathématiques en premier lieu, mais également musicaux et culturels au sens large. Quelques documents biographiques (diplômes et distinctions) viennent compléter l’ensemble.
    Ces archives documentent les activités d’Armand Borel dans les champs de la topologie algébrique, des groupes de Lie ainsi que des groupes algébriques et arithmétiques. Les travaux d’Armand Borel, associés à des mathématiciens tels que Jean-Pierre Serre, Jacques Tits, Friedrich Hirzebruch, ou Harish-Chandra, auront contribué à mettre en lumière l’importance considérable prise par ces entités dans une partie de plus en plus vaste des mathématiques. On notera également que les groupes de Lie ont permis des échanges fructueux dans certains domaines de la physique théorique.

  • Tris et éliminations

    A son arrivée, l’ensemble était globalement bien structuré et les principales séries (Cours et séminaires, Manuscrits, Dossiers, Correspondance) apparaissaient clairement au premier regard. L'organisation générale du fonds a donc été conservée telle qu’elle avait été élaborée par Armand Borel.

    A l'exception d'une partie de la correspondance, les documents ont été passés en revue en collaboration avec MM. André Haefliger et Pierre de la Harpe, professeurs à la Section de mathématique de l’Université de Genève.

    A l’intérieur des séries, les documents étaient conservés dans des dossiers suspendus. Dans un certain nombre de cas, l’étiquette placée sur le dossier par Armand Borel était suffisamment précise pour permettre l’identification des documents, leur classement et l’entrée d’un titre dans l’inventaire. Toutefois, cette information était parfois absente, parfois trop vague et, dans un certain nombre de cas, la quantité des documents présente dans le dossier rendait souhaitable un classement plus détaillé que celui proposé à l'origine. Dans ce genre de cas, l’aide de MM. André Haefliger et Pierre de la Harpe s’est avérée indispensable pour identifier, classer, rassembler et donner un titre aux éléments dont le sujet et l’organisation était moins apparents au premier abord.

    Les séries « Papiers personnels » et « Dossiers » présentent toutefois d’importantes distorsions par rapport à leur état d’origine. L’ensemble « Papiers personnels » a été créé artificiellement pour y placer quelques documents dont la place était plus incertaine. La série « Dossiers » a quant à elle été séparée en deux ensembles au cours des opérations de transfert du fonds entre l’Institute for Advanced Study et la Bibliothèque de Genève. L’état de conservation d’une des parties s’est alors sensiblement détérioré suite à de mauvaises conditions climatiques lors du transport. Pour des raisons de conservation, il a été décidé de ne pas reconstituer la série d'origine en y réintégrant les documents concernés. L’ensemble, qui formait au départ une série unique, est donc présenté en deux séries séparées : "Dossier" et "Dossier bis".

    Hormis l’élimination des dossiers suspendus, les destructions de documents ont été presque inexistantes. Seuls quelques doubles ou enveloppes vides ont été éliminés. Un exemplaire des dossiers suspendus a cependant été conservé à titre d’illustration (voir Ms. fr. 8094/12).

    Quelques éléments complémentaires, notamment des articles et des nécrologies fournis par MM. André Haefliger et Pierre de la Harpe, ont été intégrés au fonds. L'indication de l'insertion de ces documents a posteriori figure à la fois sur les documents concernés et dans l'inventaire.

    Le format de dates utilisé par Armand Borel nous a posé problème. Du fait de ses nombreux interlocuteurs au niveau international, Armand Borel utilisait tantôt le format de date européen (jour/mois/date) tantôt le format anglo-saxon (mois/jour/année). Son habitude était d’utiliser en général le format européen lorsqu’il écrivait à un interlocuteur en Europe et le format anglo-saxon pour le reste du monde. Toutefois, il lui arrivait aussi de faire quelques exceptions à cette règle. Dans les cas incertains, nous avons essayé d’extrapoler le format de date en fonction du texte et d'autres informations à notre disposition (passage en Asie et en Inde plutôt en hiver, en Europe plutôt durant l’été…). Nous rendons cependant le lecteur attentif au fait qu’il peut y avoir des inversions « jour / mois » au niveau des dates proposées.

    Enfin, certaines formulations mathématiques nous ont posé un problème du fait des limites d’affichages de nos outils de travail. Par conséquent, nous avons recouru aux annotations « ^ » pour indiquer un exposant et « _ » pour indiquer un indice.

  • Mode de classement

    Par série

  • Modalités d'accès

    Libre, à la réserve de la correspondance entre Armand Borel et Jean-Pierre Serre (Ms. fr. 8045-8047) et de quelques éléments isolés. Pour tout renseignement, contacter le Département des manuscrits.

  • Modalités de reproductions

    Selon le règlement

  • Langue et écriture des documents
    Essentiellement français et anglais avec quelques documents en allemand, russe et chinois.
  • Instrument(s) de recherche

    Un exemplaire imprimé du présent répertoire (fichier PDF) est disponible en Salle de lecture

  • Bibliographie

    Borel, Armand, "Armand Borel : oeuvres : Collected Papers", 4 vol. , Springer, 2001

  • Note(s) de l'archiviste

    Description réalisée en 2008-2012 par Emmanuel Ducry avec le soutien financier de la Société académique de Genève et la collaboration de MM. André Haefliger et Pierre de la Harpe, professeurs à la Section de mathématique de l'Université de Genève.

  • Indexation :
  • Personne(s)
    Borel, Armand
  • Collectivité(s)
    Institute for Advanced Study (IAS)
  • Fonction(s)
    Mathématicien
  • Sujet(s)
    Mathématiques